N° 345 (juin 2026), La répétition

Il voit les lignes se répéter sans que n’émerge la moindre signification. Des images se superposent artificiellement à d’autres dans un ordre aléatoire. Un halo se forme autour de la zone centrale. Il essaie d’imaginer des liaisons entre les formes, d’autres relations et répartitions, un paysage. Les éléments se décomposent et se recomposent. Il observe ces phénomènes. Les images se succèdent, mais il n’en garde aucun souvenir, juste la vague sensation d’un déroulement probable, de connexions possibles. Il se focalise, recadre, regarde les lignes produites, les ponctuations, les espaces entre chacun des termes. Il essaie d’imaginer la suite des événements. Il reprend chacune des propositions pour essayer de faire émerger un sujet, un écart. Il s’arrête un instant. L’image qui est projetée n’est qu’une supposition. Elle se dissout. Le signal, instable, se détériore. Le silence se prolonge. Il devrait se déplacer pour se reconnecter mais il sait qu’il vaut mieux rester dans la zone. Une construction aléatoire se dessine, définit un début de trajectoire, une enveloppe, un rythme, un pattern, une ouverture possible ou un leurre. Un glissement s’opère. Chaque mouvement suppose une finalité qui n’advient pas, est une fragmentation permanente. Il s’immobilise. Ce qu’il voit n’est qu’un décor, une suite d’abstractions vides, une étendue factice qui semble continue. Il regarde les tonalités, les valeurs des surfaces offertes, leurs accords. Ce qui est là fait obstruction, est un brouillage. Il tente de traduire les formes présentes en énoncés, mais elles n’offrent aucune solution de continuité. Chacun définit une opacité supplémentaire. Il se met à trembler, attend la fin, une résolution, un sentiment, un signal auquel s’accorder. Il fait une hypothèse qu’il abandonne. Il essaie de se soustraire, d’échapper au flux de phénomènes dans cet espace hétérogène. Il émet la possibilité de.