N° 344 (mai 2026), Brouillon général

Au lieu de « Je le laisse nuageux », j’ai lu « Je te laisse nuageux » puis j’ai corrigé en « Je te laisse nuageuse ». Alors, je te laisse nuageuse, gazeuse fébrile, non pas brumeuse. Et, en attendant, je scrolle pour, en passant d’une image à une autre, rendre la précédente insignifiante, chacune effaçant, niant l’autre ou la rendant indifférente. Je laisse nuageuse tandis qu’en face de moi, indirect, il y a un œil christus, amande oblique, qui devient l’image nécessaire comme elle n’existe qu’en reflet. Cela devient un trouble ou se trouble et, dans l’image, de l’une à l’autre, chacun voit que l’autre regarde. C’est ce qui s’est passé et cela a réellement été, ne pouvait durer et a cessé d’exister. Il n’y a plus que forme souvenir, un reste, une vibration qui s’atténue. Et j’ai beau envoyer des images, il n’y a pas d’échos, aucune résonance, juste un son mat quand j’appuie sur « envoyer ». « Je te laisse » n’a pas de son car il n’est pas dans la bonne tonalité, seul « nuageuse » l’est. « Nuageuse » est un mode de valeur et d’intensité. « Nuageuse » devient un cluster sur lequel je me concentre. « Nuageuse » se défait lentement et ne subsiste que par un mélange de bruits blancs et roses alors qu’il neige de la cendre, qu’elle recouvre la terre. « Nuageuse » disparue, il ne reste que le gris qui absorbe lentement son souvenir. Après, on sait qu’il ne se passe plus rien, que rien n’arrivera sinon quelques phrases maladroites qui tenteront de justifier ce qui n’est pas justifiable. Ce qui s’est dit avant n’est plus tout à fait là et ne servira rien pour l’après. Ce qui s’est dit avant disparaît et c’est comme cela qu’il a existé. Il n’y a plus rien à retranscrire comme « Nuageuse » est son nom. Le nom laissé là pour rien.