N° 290 (novembre 2021), Figures multiples

N° 290 (novembre 2021), Figures multiples

Les phrases sont hachées et les grésillements rendent certaines propositions difficilement audibles. On entend distinctement des bruits qui échappent à toute indentification et certains mots résonnent. Le lexique employé est maladroit et il nous faut reprendre chaque terme un à un avant de poursuivre. Je comprends le sens d’un mot que je ne connais pas et tente de mémoriser toutes ses significations. J’énumère les noms de tout en traçant les contours tandis que les visages se transforment lentement. Il faut se frayer un chemin, évoquer les formes mortes, effectuer le trajet jusqu’à ce que s’épuise. Les inscriptions se répètent et donnent des informations contradictoires sur les paysages traversés. La musique évoque une séparation possible, une figure que l’on remplace, le redoublement des ombres. Il faut parler du doute, du trouble, des espaces dont il ne se souvient plus malgré quelques images. Mouvements vers, discussions sur, tentatives pour, tremblements de… j’affirme que quelque...

N° 289 (octobre 2021), Micro-récits

N° 289 (octobre 2021), Micro-récits

La figure centre les fragments alentour dans un geste de madone absorbée par. Le cri est arrêté. Les regards divergents indiquent le contre-champ, d’ouvert à fermé, de à, quand le geste est suspens mimétique, que penche la tête pour puis feint l’endormissement. Sont lignes rayonnant, perspective accusée, profondeur accrue. Est hérissé contre étal, duveteux contre duveteux. La figure s’approche pour saisir. Dans le jeu est un rituel même – à répéter encore et encore. Ou : dans la symétrie, l’axe se déplace… Est l’eau boueuse avec seul l’ocre autour. Sont les ombres parallèles sur, les vagues à la surface, comme s’entoure de noir, donne reflets et nappe floue. Regarde derrière. Se compose de motifs. S’homogénéise dans les tons et, quand reprend, lentement entoure, cerne, gagne sur, dans l’enchevêtrement de réseaux étoilés et lignes serpentines en images miroirs. Commence à, s’écoule, est l’étendue, quelques ondulations émergeant au bord avec halos, brillances. Est une vue d’ensemble,...

N° 288 (septembre 2021), Tout ce qu’il y avait

N° 288 (septembre 2021), Tout ce qu’il y avait

  Ce        le temps                       quelques-uns               sachant qu’est tout près                                               attendant dans la pièce                                     qu’il n’y a pas d’autres pièces                                                              sinon    un jour             le ciel               un endroit                    un jour             la route poussiéreuse                           un jour             la couleur à l’horizon                                        un papier                     une peinture                une image                    surfaces aux couleurs un peu passées                                                              dans nos mains                         à plat                incapable de les inclure                                     dans des couleurs passées                                            un souvenir                  qu’il n’y avait rien                    ...

N° 287 (août 2021) Le dénouement

N° 287 (août 2021) Le dénouement

Cher P., la tonalité exacte reste à définir mais il est inutile de faire des phrases comme elles ne compensent rien ou, alors, il faudrait accorder la phrase à ta respiration qui est, maintenant, la seule chose qui nous lie. Les peupliers, balancement, s’immiscent dans le discours et j’ai retrouvé exactement où se situait la scène. Je synchronise visage et respiration pour enfin te trouver, pas te retrouver, mais te trouver. Je sais que les images ont perdu leur signification. Cher P., la première chose qui m’a surpris, c’est le bruit de ta respiration : inconnu, liquide, mélange d’air et d’eau, bouillonnement. C’est ce bruit qui reste durant la traversée des paysages, tandis que je retourne chez toi et, depuis peu, chez moi. Je vois encore cette cavité, qui était plus qu’une bouche sur laquelle je me focalisais, impudique. En attendant, je n’avais pas pensé au contre-champ et que c’était toi qui se trouvait, à chaque fois, de l’autre côté. Cher P., j’ai essayé de te toucher mais je...

N° 286 (juillet 2021), Les arbres, le noir

N° 286 (juillet 2021), Les arbres, le noir

Cher H., la rivière est là, juste en face et je ne sais pas si, là-bas, c’est toujours la guerre. L’odeur reste familière, l’avion s’éloigne et personne ne vient, personne. Il faudra bien revenir sur l’isolement des gris, des camaïeux et gammes composées, mais pas tout de suite, plus tard, bien sûr. Et qu’est-ce qui peut bien recouvrir une phrase ? Est-ce qu’elles peuvent avoir une ombre ? Cher H., le courant est continu et cela fait maintenant des jours que et le bruit rappelle celui des vagues venant frapper le rivage. Les séquences s’épuisent d’elles-mêmes et je crains de ne plus pouvoir inventer une grammaire. Qui n’. Est une élision sans suite pour évoquer une logique sentimentale, une parenthèse possible, une suspension. La phrase ne veut pas se poursuivre ? Cher H., c’est surtout la vitesse du défilement de l’écume qui est remarquable. J’ai essayé de la calculer, sans succès. Je force des passages pour éviter la formation de plis. Il n’y a pas que les noms propres qui se...

N° 285 (juin 2021), L’infidélité

N° 285 (juin 2021), L’infidélité

Témoigne d’un amour, d’une affection que se représente, d’un refus de choisir de manière exclusive entre l’une et l’autre, dans l’attachement aux souvenirs – images –, comme réside en un usage, manière de, images encore, que saisit et retient – conditionne –, en définit le cadrage, se règle par avance pour que la question ne se pose plus, puis détermine très précisément ce qui est à garder, à regarder, et témoigne d’un penchant pour, quand se penche sur un objet posé sur la table, sur une étagère, sur le sol qui témoignerait d’une inclination à, se représente, est toujours absent, hors cadre, n’apparaissant que de manière liminaire – poignet, menton, cou, pull-over, sweat-shirt, pantalon… –, donne volume et relief, à la surface – couleurs et motifs –, bouleverse – fluidité et adhésion –, s’émancipe et contamine la matière même de ce qui occulte, s’incorpore, est expulsé, se révèle, est rejeté, s’introduit alors même que vient brouiller localement la lisibilité – halos et reflets –,...

N° 284 (mai 2021), Plaine aphone

N° 284 (mai 2021), Plaine aphone

1. Je trace une frontière. J’équilibre des choses que je pensais ne pas pouvoir équilibrer alors que je devais juste les laisser être. Je ne veux pas perdre de vue l’histoire, le récit qui se poursuit, une culpabilité, une négligence, une défection… Je dis les mots suivants : pont, suicide, jour, sac, tiroir, prière. C’est un mensonge résolu. C’est un souvenir bon marché. 2. Seulement le lichen sur les hêtres. Seulement la folie, les poumons, le cœur, la mer, les troubles dans les quartiers lointains, l’excès d’histoires à raconter, un signe et une petite fille qui me montre ce qui est à moi. 3. Le visage sous la lumière jaune. Ce qui était creux auparavant. L’aspiration muette. Le soleil qui se lève. De nouvelles acquisitions. Des choses enfantines. Des actes aléatoires d’une violence insensée. Les nombres, emplacements, appareils, blessures. Des actes aléatoires d’une violence insensée. Une chose endémique, la peur du désordre, les limites, les artifices. Des actes aléatoires d’une...

N° 283 (avril 2021), L’impersonnel

N° 283 (avril 2021), L’impersonnel

Arbres dans la lumière, printemps, été, automne, hiver, comme passe, que filtre, dans la vibration, petits éclats, tremblements, d’ombres portées sur troncs, vertige de cimes en contre-plongées, tournoiement à vacillement, dans le couchant, l’orangé contre bleu, diluant en aveuglant, frappant le sol blanc, contre taillis, haies, sur la neige encore — sur la neige —, en un souvenir vague, s’effilochant, multiple, diffracté, que s’estompe déjà aussi vite qu’apparu. Survole, passe, au-dessus, passe au-dessus, par-dessus loin, de haut, la suite des paysages, de la campagne, passe, énumère ce qui s’offre à la vue, encore une fois le même, un autre, le même, la suite des bâtiments, parcelles, limites, routes désertes, dans la distance, à distance, dans la lumière égale, gris, couleur de poussière, qu’enveloppe, dans la reprise encore, de loin à, en passant par les haies, les champs, lignes de partage et les ombres s’allongent, maculent. Tel que se passe sur l’écran, teinte de vert en...

N° 282 (mars 2021), La salle des possibilités

N° 282 (mars 2021), La salle des possibilités

1.
Il n’a aucune iden­ti­té. Sa mémoire est uni­forme. Il prend le verre vide. Il trace un iti­né­raire. Tout se déroule dans une chambre d’hôtel. Il marche dans la pièce. L’enquête est plu­tôt banale. Il ne sait pas com­ment com­men­cer. Il n’y a pro­ba­ble­ment rien à trou­ver. Il s’assied sur le bord du lit. Il n’est même pas visible. Il se voit se regar­der dans le miroir. Il ne peut contrô­ler ses trem­ble­ments. Un insecte passe sur sa main. Des gens l’appellent par son nom.
2.
Il n’a plus de temps. Le télé­phone ne sonne pas. Il conti­nue de fer­mer les yeux. Il se sou­vient de son enfance. Il se rac­croche à ses émo­tions. Il pré­fère le mot conscience. Il sait que ce qui va suivre est faux. Il ne peut don­ner plus de détails mais il sait qu’il sera tué quand il se réveille­ra. Il est endor­mi quand ils arrivent. Seul un homme se tient devant lui. Son visage est tota­le­ment inexpressif.
3.
Il regarde la cou­leur du soleil sur le tapis. Cela se répand sur le sol car­re­lé. L’erreur — une illu­sion d’optique —, four­nit le maté­riel. Il regarde le tas de pous­sière sur le sol. Il n’en com­prend pas les rai­sons. Il constate que cette table brune à gauche est rayée. Il a besoin de temps pour for­mu­ler sa réponse. Les mots qui sortent de sa bouche sont iro­niques. Quelque chose arrive quand il entend la musique. À ce moment-​là, l’été et la fumée étaient pas­sés. Il ne peut reve­nir en arrière car cela va dis­pa­raître. Il regarde tout autour comme s’il n’avait jamais été là. Il se parle à lui-​même, mais ses lèvres ne bougent pas. La ques­tion qu’il se pose implique cer­taines pensées.
4.
Le cou­loir est dans l’obscurité et il n’y a aucune réponse. Il le ren­contre dans l’escalier et prend l’un de ses sacs. Il peut entendre quelques insectes ou une sorte d’interférence. Trois courtes explo­sions déchirent bru­ta­le­ment le silence. Il a le sen­ti­ment de vivre quelque chose qui s’est déjà pro­duit. Il ne fait aucune dif­fé­rence entre les sen­ti­ments et la pen­sée. Il pense à la rai­son non comme une facul­té mais comme à un ensemble de sen­ti­ments et d’idées. Pendant ce temps, de l’autre côté, il voit une ville com­po­sée de bâti­ments blancs.

N° 281 (février 2021), Se rappelle

N° 281 (février 2021), Se rappelle

De la modulation grise, des nuances à peine de gris sur, est l’étendue, fond étale, brises qui hébergent, se rappelle : « nuages, vapeurs, rayons, ombres portées, tombe à l’horizon, l’intersecte et disparaît ». Suppose une masse, gris blanc deviné par, se couvre de, se rappelle : « vapeur bleuâtre, vent, mousses flétries ». En gris vert fouillis à tâches vertes éparses en espaces abandonnés, se rappelle : « sur un tapis de primevères, sur un lit de feuilles séchées, sur une nappe de neige que brodait la trace des oiseaux ». À la trame régulière verticale d’un plus sombre à entrecroisements, résilles fines, se rappelle : « clairières, hautes fougères, champs de genêts et d’ajoncs, haies d’aubépines, de chèvrefeuille, de ronces, myrte et laurier-rose ». Au ras, en un mouvement permanent, écoulement constant de plaques, blanc contre maculations vert gris, se rappelle : « ces feuilles, ces fleurs, ces nuages, cette lumière, ce soleil, cette rivière ». Qu’est passage rapide de motifs en...

N° 280 (janvier 2021), Nouvelles des lueurs

N° 280 (janvier 2021), Nouvelles des lueurs

Bleu en vibration dégradée avant que n’apparaisse, ocre brun, qu’une voiture roule lentement, de gauche à droite, disparaît — est l’espace entre chaque chose —, qu’attente dans la lumière jaunâtre, défilent — reconnaissance hypothétique des lieux — jusqu’à ce que les feux passent au rouge — comme inverser la perspective produit un contre-champ —, rebonds élastiques sur les pavés et passages différenciés au loin, suspension, au loin, bloqué, quand rien ne se passe que croisements occasionnels — il se peut que —, jamais n’arrive, est dualité — répétition —, reprend formes et couleurs — un profil, écrasement, frontalité —, sans plus rien attendre sinon qu’est — on dit là —, une, deux, rythme, que tout se passe au loin — dans le fond —, ne s’y passe rien entre — zone morte — qu’un obscurcissement atmosphérique dans la diminution comme les corps se grisent — lentement, lentement —, avec, juste, points, cercles, halos — essaie d’imaginer les sons correspondants — comme pourrait, dans le...

N° 279 (décembre 2020), Signes

N° 279 (décembre 2020), Signes

…        rue       dans la foule      passion conscience et peines      toujours ce mot     tête penchée      visage souriant contradictions minimes corps      source possible du son      ce doute     sa tête      l’ordre      neutre      est     lui      là      tout en restant dans l’attitude qui est celle d’un départ       penché en avant       un pied en avant      de l’autre pied      sans partir              obtempérant      d’un mot      ce mot exagéré que je vois      quand je quitte            disparaît à moitié          avec déception           encore      au début      tends les bras      d’un côté puis de l’autre      d’une part et d’autre      à travers chaque      tendant vers      mais quelque chose      attitude      leurs rires      n’entends que cela      s’étend confusion      avec interruption      reprenant où on le quitte           ce qui cache      déchirure semblable à ce que sais      bercement      à moins qu’elle      devant est ce calme      le secret    ...

N° 278 (novembre 2020), Les vivants et les morts II

N° 278 (novembre 2020), Les vivants et les morts II

De la division, dans et dans, à l’intérieur de, segmentant, particularisant, est une réalité, dans et dans, dans le neutre, comme est construction fictive, jointure et chevauchement de moins, de moins en moins certain, comme n’est jamais, est échafaudage de planéité modulée, dans et dans la division par, sur laquelle s’ajoute l’été liquide, l’effacement dépassé rétablissant les frontières dans l’imparfait du bord, de la jointure, de la limite hermétique, des transparences ambigües, dans la vôtre, atmosphère, intensité étale, étalée, dans l’apparence toujours un peu troublée, qu’imbibe en variations, réaction plurielle des affects où vous dites la saison en blanc sur ou blanc contre, inexpressif autant, n’est gris chaos, dans l’absence contestataire, qu’enveloppe dans les possibles, supposés par et comme un parti pris, une intention secrète, remplaçant l’une par l’autre, allant progressivement du plus au plus fragile, qu’effectue la reprise, le passage transparence, l’emboîtement...

N° 277 (octobre 2020), Les vivants et les morts I

N° 277 (octobre 2020), Les vivants et les morts I

Chaos groupé, l’initial est effusion lyrique, compacité irrespirable. Le corps s’épanche ainsi, de haut en bas, même s’il tente de se maintenir. La répartition se fait par zones qui communiquent vaguement – il suffit d’additionner et de répartir. Il suffit de faire diverger les orientations possibles, les directions où il fait irruption, s’établit dans un interstice. J’écris il mais cela pourrait être elle comme les pronoms s’enchaînent dans le disparate, dans la possibilité d’un éclatement – tout au ralenti. À ce moment-là s’établit la surdité – sur et sur. À ce moment-là on pense au jeu qu’il ou qu’elle répète et fait varier avec bords frangés et pointes contre dans ruptures et construction de passages – de proche en loin –, focalisation latérale pour repasser à, dans les mouvements opposés et contraires des groupes différenciés, dans les relations soudainement établies, connexions basculantes – chute contre stabilité et inversement –, petits mouvements, pas de danse et...

N° 276 (septembre 2020), Carnets XII

N° 276 (septembre 2020), Carnets XII

676. Il s’agit de passer du plus artificiel au plus naturel. 677. Ou penser le passage à. 678. Trois solutions sont possibles. 679. Il regarde attentivement, dans le plus grand silence. 680. Il s’agit de fixer les lignes d’angle des murs. 681. Il va se lever. 682. D’après. 683. Je me souviens de mes livres d’enfance. 684. Je récapitule des figures impossibles. 685. Se tenir à bonne distance des choses. 686. À ce point de fixation. 687. Il dit qu’il n’y a plus d’intériorité. 688. Est exactement son imagerie. 689. Repasser sur — reprendre. 690. Je peux sentir le poids des choses. 691. S’inscrit dans le désœuvrement. 692. Il s’agissait de se confronter à des images impossibles. 693. Repasser sur, souligner. 694. L’exagération est le mode. 695. Le médium transforme tout. 696. Il s’agissait d’établir des systèmes de proportions. 697. Établir une liste exacte, exhaustive. 698. Il comprend. 699. Il liste. 700. Tout pourrait se résumer à des règles géométriques. 701. Il serait également...

N° 275 (août 2020), Carnets XI

N° 275 (août 2020), Carnets XI

594. Est un passage abrupt d’une figure à une autre. 595. Elle supplie du regard. 596. Plis, courbes et contre-courbes. 597. Dans le mouvement moderne. 598. Saisir, corriger, effacer. 599. Le mouvement domine. 600. D’un mouvement d’effroi. 601. Quand je saisis un fragment. 602. Le geste est l’éloquence. 603. Revenir encore. 604. Supposer un geste. 605. Supposer l’élégance d’un mouvement. 606. Supposer un emportement vers. 607. Décomposer les éléments du paysage. 608. Quand les figures se rassemblent. 609. Quand il se tend vers. 610. Alors que la violence. 611. Quand le geste est prélude à. 612. S’éloigne, se retourne, regarde au loin. 613. Ou bien ne dit rien. 614. S’attache à. 615. Dans le recueillement. 616. Par une ligne serpentine. 617. Dans l’emballement — est forcément soudain. 618. Ou la reprise permanente. 619. Se dissocie. 620. Tout théâtral. 621. Saisir toute la féminité en. 622. Il regarde droit devant, les yeux exorbités. 623. L’exactitude est la vérité. 624. Reprendre...

N° 274 (juillet 2020), Carnets X

N° 274 (juillet 2020), Carnets X

522. Les formulations stupides. 523. Produire des figures hybrides. 524. Ou dans l’effroi des masques. 525. Il faudrait construire un monument. 526. Il faudrait agglomérer les figures. 527. Il faudrait étudier tous les gestes. 528. Il faudrait disperser les attitudes. 529. Il faudrait supplier. 530. Il faudrait reprendre la lutte. 531. Marcher ou bien danser. 532. Les mains autour de la jambe pliée et le dos légèrement courbé par la tension induite. 533. Elle semble — juste semble. 534. Ou elle se tient face à. 535. Il y a une ornementation de. 536. Il s’agit de disposer les différents éléments du décor. 537. Il s’agit d’abord de transposer. 538. Il s’agit d’établir un répertoire formel. 539. D’être attentif au détail. 540. D’établir une liste des structures possibles. 541. La nudité du fond. 542. Ou le décorum. 543. Je revois le paysage, l’ombre des arbres, la rivière en contrebas et le paysage s’étendant paisible. 544. La suite et l’interruption. 545. S’attacher au fragmentaire....

N° 273 (juin 2020), Carnets IX

N° 273 (juin 2020), Carnets IX

447. Et les variations du même. 448. Dans l’offrande. 449. Ne se devine. 450. Comme un frottage ou un relief. 451. Un stéréotype de la sagesse. 452. Dans l’anodin de. 453. Il va tenter de se relever. 454. Les figures lentes et hiératiques. 455. Reprendre le possible des motifs. 456. Percevoir la qualité de la stylisation. 457. Encore dans l’arabesque. 458. Ou encore dans la figure à l’arrêt. 459. L’humour d’une déclaration d’amour. 460. Rien ou presque. 461. Il faudrait tout simplifier à l’extrême. 462. Un passé synthétique. 463. Des figures d’épopée. 464. Ou dans l’académisme. 465. Dans la gestuelle — n’est que. 466. La reprise. 467. Encore et encore. 468. L’espace est, en lui-même, une cérémonie. 469. Des figures disparates en fragments dans l’espace. 470. Toute la pompe de. 471. L’époque est une pose. 472. Un fragment de corps — toute l’étrangeté de. 473. Encore une fois. 474. Je la vois, elle, enfant. 475. Dans ses poses et mimiques. 476. Efface son visage. 477. Les visages...

N° 272 (mai 2020), Carnets VIII

N° 272 (mai 2020), Carnets VIII

385. Comment elle tient. 386. Il suffit d’un léger décalage pour. 387. Elle pose sans même s’en rendre compte. 388. Est presque comme une procession. 389. Ne peut être que dans cette classe sociale. 390. On entend presque les échanges murmurés. 391. Dans la lenteur de la marche — se tenir. 392. Dans ce qui n’est qu’une enveloppe. 393. Elle en devient presque orientale. 394. Elle se retourne vers, guette. 394. Elle la console d’un geste. 395. Elle est attirée par. 396. Dans toute la drôlerie d’une attitude. 397. Les noms suivent la forme des choses. 398. Est un passage brutal à — sans transition. 399. Quand presque tout est précisé. 400. Il s’agit de décrire le paysage. 401. Il s’agit de commencer à agencer. 402. Ou de se rappeler. 403. Dans le changement d’échelle. 404. La forme est un contour qui se déploie dans l’espace. 405. Le décorum doit être très précis. 406. Le passage d’un toit à un autre, la silhouette des cheminées, etc. 407. Est hagard. 408. Tout le corps pour...

N° 271 (avril 2020), Carnets VII

N° 271 (avril 2020), Carnets VII

316. Les collines, le fleuve, la berge dans la banalité des tons. 317. De la disposition des choses et de leur espace. 318. Vêtements délicatement ombrés. 319. Tout une géométrie sur la table de toilette. 320. Cette opération que la lecture. 321. Était une civilisation de lecteurs. 322. Dans la fatigue extrême. 323. La difficulté à rendre la chose. 324. La femme, l’oiseau, les plis, dans la chute de. 325. Faire l’étude des plis et des mouvements de. 326. Un bras : l’élégance dans les plis. 327. Ou faire une attitude psychologique. 328. Du faux dans le saisissement. 329. Les mains : ce qu’elles pourraient faire ou tenir. 330. Un détail sur les doigts — juste. 331. Dans l’effacement de. 332. Elle remonte lentement son bras, dévoile les plis. 333. Dans la volonté de la ressemblance, saisir ce qui est unique. 334. Il semble qu’elle va s’assoupir. En attendant, elle observe. 335. Une suite de gestes et de mouvements. 336. Une conversation en plein air : des secrets sont échangés. 337. Une...

N° 270 (mars 2020), Carnets VI

N° 270 (mars 2020), Carnets VI

244. De moins en moins. 245. Jusqu’à l’accélération. 246. La saillie. 247. Le jardin donne sur. 248. Arabesques dans la sensualité potentielle d’un paysage. 249. Un précipice ou bien une chute. 250. Dans la pensée géologique. 251. Est un corps, un animal. 252. Dans le grotesque de la posture. 253. Il ou elle est endormi. 254. Reste la coupure. 255. Noter le plus fidèlement possible les nuances. 256. Juste roux violet et rien d’autre. 257. On peut penser nuages. 258. Ou bien ne sont que lignes. 259. Des formes d’ouvertures. 260. Un geste ethnographique. 261. Pense bulbe, pétale. 262. Du comique dans l’accoutrement. 263. Est une trajectoire. 264. Une silhouette définit une psychologie. 265. Saisir le mouvement. 266. Je suis dans le paysage au ras de l’œil. 267. Est une agilité optique. 268. Figures flottantes et fragments. 269. Établit un mouvement circulaire. 270. Saisir le saut. 271. Reprise du mouvement circulaire. 272. Encore dans la démultiplication. 273. Encore dans la somme de...

N° 269 (février 2020), Carnets V

N° 269 (février 2020), Carnets V

169. Je finis l’énumération : de gris clair et saumon rosé avec tache rousse un peu rougeâtre, blanc rosé comme salissure estompée, jaune citron, rouge de Saturne, blanc, lilas framboise, vert gris, noir, blanc, vert pomme, blanc, lilas rayé, orange doux, blanc en très peu gris, lilas foncé, bistre, bleu et noir, cacao et blanc. 170. Dans l’à peine de — pour mémoire. 171. L’exotisme comme mélancolie. 172. Une rapidité partielle — à moitié. 173. Semble être un collage de situation. 174. Petite lueur gris perle : idem transparente. 175. Les figures sont les éléments rythmiques. 176. Partiellement : extraire. 177. Puis reprendre dans la précision. 178. D’une figure à l’autre — distance. 179. « Jolis seins et bras. » 180. À moitié. 181. De face aussi bien que de dos. 182. À travers champs — vite. 183. Ainsi coupé. 184. Les uns dans les autres, reflétant tout. 185. Par une pression de la main — définir. 186. Et reprendre comme une pluie. 187. Une élégance s’inscrit vite. 188. Jusqu’au...

N° 268 (janvier 2020), Carnets IV

N° 268 (janvier 2020), Carnets IV

133. Le roman balzacien domine. 134. La méchanceté des figures malgré « gris et rose, bleu tendre, gamme souple, claire ». 135. Si peu dans l’espace. 136. Des mouvements contraires dans la fuite. 137. De l’extase orientale à sa feinte théâtrale. 138. Le choix entre la phrénologie ou la psychologie. 139. Et pourtant dans les attitudes et regards. 140. Une silhouette : gris de fer pommelé sombre, couleur de feu. 141. Je peux imaginer toutes les pensées dans le silence. 142. Une vue dans le mouvement : en montrant quelque chose. 143. Le contemporain ou le jugement moral. 144. Répète après moi : des deux côtés de la porte, en manière d’attributs. 145. Se concentrer sur un bras, une main crispée, une élégance. 146. Répète après moi : paille grise, bleu clair, café au lait brûlé, plume grise, robe rose, dentelle noire, tête pâle verte, châtain roux mat, vert d’eau blanchâtre, blanc mousseline, paille blanc, vert foncé sobre, noir. 147. C’est probablement une scène. 148. Dans...

N° 267 (décembre 2019), Carnets III

N° 267 (décembre 2019), Carnets III

90. Domination des ombres — posées sur. 91. Est l’intimité de l’acte domestique — répète une image. 92. Où la copie diffère de l’original. 93. Pense l’écart entre masse sombre et légèreté : « fond gris ardoise, rideaux blancs, lilas blancs et noirs. 94. Épanchement blanc sur, vision hallucinée d’un serpent fantôme, toute la gamme lumineuse à travers les nuages — petits pans de murs blancs — est dans la monumentalité. 95. La tache, l’attaque, le triangle. 96. Sans rapport : « ciel jaune gris violacé avec quelques nuages gris lilas comme un rideau semé comme de petits chevaux gris ». 97. Est toujours une scène de théâtre, est une procession dans l’éclat blanc. 98. Élude la psychologie : « Robe blanche, décolleté et bras nus sous la robe, un ruban noir avec nœud autour de la taille et ». 99. La précipitation et les échanges dans la cohue. 100. De l’inspiration archaïque — est une étrangeté… 101. …à la modernité la plus directe — passer sans cesse de l’un à l’autre. 102. Scènes...

N° 266 (novembre 2019), Carnets II

N° 266 (novembre 2019), Carnets II

51. Le désespoir d’un paysage : tonalité gris brun. 52. Mouvements et pas de danses populaires, figures du bond et attitudes. 53. L’histoire est une rhétorique des formes. 54. Recopie les formes archaïques — une naïveté figurée. 55. Inclusion des images du temps : contraste. 56. Un fait divers monumental. 57. Le décorum. 58. Une figure vite dans l’emportement d’un paysage. 59. Un précis d’anatomie surprend. 60. Les formes naturelles se figent. 61. Visage contre paysage : une sensualité contre une distance. 62. Réduire le monde en une série de vignettes – « et surtout la figure bien bordée par ce voile noir ». 63. Le paysage comme une suite de dépressions. 64. L’humour de figures elliptiques. 65. La narration ne fait plus sens. 66. Penser la question de l’échelle — du monument jusqu’à l’homme. 67. Dans la reprise, le semblable, le similaire. 68. Ou bien un écart dans l’interrogation. 69. Le titanesque des éléments (nuages, montagne, mer) pour une construction romantique. 70. Le...

N° 265 (octobre 2019), Carnets I

N° 265 (octobre 2019), Carnets I

1. Tout serait collisions, fragments, éléments hétérogènes, choses vues, notations s’interpénétrant — animaux, figures, bouts de paysage sans qualité. 2.Dans le délavé d’un paysage — morosité. 3. Du détail précisé à celui suggéré, passe du proche au lointain. 4. D’un trait hâtif, dans la vitesse : saisir. 5. Combat lyrique par exagération des poses. 6. « Charmante vierge d’une solitude volontaire à l’entrée d’une forêt » : un effacement. 7. Le théâtral est la situation idéale de l’action. 8. « Vert grenouille – rouge brique rosé – vert turquoise – orangé – café au lait – gris perle – jaune ocre – noir de basalte – cornaline – violet agate-améthyste – orangé terreux – blanc de lait – granit rosé » : se souvenir des nuances par le mot. 9. Gestes, poses & attitudes. 10. Un songe mythologique à établir. 11. Paysage, cheval, chien, tortue : passages, superpositions et vides. 12. La psychologie par les attitudes corporelles : le début d’un roman. 13. Un souffle sur. 14. Contient dans...

N° 264 (septembre 2019), Substrat

N° 264 (septembre 2019), Substrat

Transcription du monde continuellement sensible – impressions et réminiscences – jours oubliés – temps incorporés – résurrections d’un passé indéfiniment déroulé – images évoquées – lieux lointains – sensations – impressions factices et réelles – gestes insignifiants – choses – matières – couleurs – points communs et différences extrêmes – plis et cassures – perpétuels regroupements de plans différenciés – puissance latente – ébranlement des sens – frémissement – excitation – étourdissement – profondeur – jouissance directe – journées – lumière – matins – rumeurs – odeurs respirées – fumées – flots de brume – nuages – averse – lumière – sensations de grande chaleur – promenades – bruit de pas – bruits communs – verdures du parc – fontaines publiques – clocher – prairie – vue d’arbres – ligne d’arbres – rangée d’arbres – voie bordée d’arbres – rideau d’arbres au soleil couchant – lumière et ombres – oiseaux – sonorité – silhouettes d’arbres – pénombre – obscurité – impressions de...

N° 263 (août 2019), Déviations perpétuelles

N° 263 (août 2019), Déviations perpétuelles

De sorte que ou, du moins, l’absence, peut être, n’est pas, mais réduction ou extinction, oubli seul qui la contient, ne tiendra à ce que, que comme à, que dans notre pensée et, cependant, l’exprime en présence d’une autre que nous nous trouvons, ne nous apparaît qu’après s’être diffusée, la modifie tout de même en déviations perpétuelles, que reste très peu, sinon la détermination, amène à imaginer un autre stratagème, pour découvrir ce que ne connaissait pas et qui n’apparaît que par, ne nous livre jamais qu’un seul aspect à la fois, relève de, dure, vit encore, et avec lui s’y profile, les multiplie, parallèlement à l’appel de moments équivalents, dans le bruit de, l’assourdissement, avec un pouvoir égal, dans la pesanteur, continue indéfiniment, finit par venir, de sorte que, impose des modalités différentes de l’idée, laquelle se trouve comme plus dispersée ou plus compacte, en modifie le caractère tout autant que les impressions qui lui étaient associées, dans la transformation...

N° 262 (juillet 2019), Autour

N° 262 (juillet 2019), Autour

Les grands rideaux de la fenêtre, la chambre, les nuances des premières raies du jour, les rues, les bruits de la rue, l’odeur, l’espace vide résonnant au matin, le bleu, le roulement du premier tramway, le bleu, les fenêtres de la salle de bain, le ciel, la légère opacité de verre, la lumière, les feuillages dorés, l’odeur, l’odeur des brindilles de bois, les éclats, une pluie égale et continue, les arbres, les ombres autour de moi, les arbres, les premières cloches d’une église voisine, le sable, le ciel sombre, les reflets, les toits mouillés, l’écume, les ardoises gorge-de-pigeon, la salle à manger, un ciel sans nuages, la façade, le son des cloches, le son, la façade cuite par la soleil, le ciel, la salle à manger obscure, les ardoises, l’écume des vagues, les toits, les reflets de voiles sur l’eau, le ciel, nos ombres, le sable rose de l’allée, les cloches, les clochers, les arbres alignés, les ombres, des clochers, les arbres le long de la route, la pluie, des clochers, les...

N° 261 (juin 2019), Résistances

N° 261 (juin 2019), Résistances

Perception accrue dans le déchiffrement,                                                                             intensité, stridences, inharmonies,                                                                                                                                             un sentiment de contiguïté – de délire de contiguïté –,                                                                      pour jumeler la relation du système latent phono-auditif à la relation du souffle périodique,                                                                passage, séparation, salves éclatantes par réverbération, dans la durée de l’inscription optique en durée de l’inscription scripturale,                                                                                                                                        échanges, perturbations, vibrations,                                                constitution d’une objectivité (période, contiguïté, relations...

N° 260 (mai 2019), Les distances verticales

N° 260 (mai 2019), Les distances verticales

Il peut. Il est la seule réalité. Il est un monde intellectuel. Il soulève tout. Il modifie les choses. Il dirige mes actions et cause toutes mes souffrances. Il n’offre pas de formes permanentes. Il ne peut être que différent. Il blesse le silence. Il renverse mes impressions. Il me fait prendre conscience. Il est comme un indice. Il me montre. Il me montre les distances verticales. Il n’est plus. Il survit longtemps en moi et je suis seul. Je reste seul. Je suis l’erreur. Je pense à. Je me dis que. J’incline à croire. Je prends conscience de. J’apprends la mort. Je ne trouve rien en elle. Je suis secoué. Je ne peux retenir un sanglot. Je sanglote. Je m’entends moi-même pleurer. Je m’enferme dans des solitudes. Je ne pense pas à la continuité. Je me rappelle de la signification. Je ne peux arriver à aucune forme de certitude. Je m’habitue à. Je peux chercher. Je n’exige plus rien. Je ne distingue plus les bruits. Je guette le passage. Je ne vois pas. Je n’arrive pas à le voir ou à...

N° 259 (avril 2019), Staccato accentuato

N° 259 (avril 2019), Staccato accentuato

Elle danse, s’écarte en silence, fait encore un pas, gémit légèrement, hausse les épaules, ignore l’homme en face d’elle, jette sa cigarette, lâche un soupir, manie quelque chose dans son sac alors que le ciel s’obscurcit de nouveau et paraît de plus en plus sombre. Il la questionne encore une fois. Elle raconte lentement l’histoire d’une voix neutre. Il sait déjà ce qu’elle va dire, se tait, vérifie l’heure, l’accable. Elle baisse les yeux, la tête. Il caresse ses cheveux distraitement. Elle ne décide plus de rien, n’échafaude plus de stratégies, feint la soumission tandis que sa haine grandit, hésite un instant, s’illumine tandis qu’il se joue d’elle. Il se lève avec lenteur. Elle marche docilement, lentement, à ses côtés, observe attentivement la crispation du visage tandis qu’ils parcourent les rues désertes. Il la quitte. Elle ralentit, le scrute, se tient sur le perron, le voit au loin, accepte sa disparition, ne bouge plus. Il change de direction tandis que le ciel se décolore...

N° 258 (mars 2019), Inflexions

N° 258 (mars 2019), Inflexions

…aux troubles permanents de la mémoire, à l’existence du corps dans la douleur perpétuelle qui reste en nous dans des souvenirs d’ordres différents et simultanés, dans la conscience de… …bouleversement dans la crise – fatigue –, tant que sanglots et larmes ruissèlent, dans les moments de détresse et de solitude où ne reste rien de, rendu à soi-même, à soi à l’instant… …dans l’attente de l’heure, maintenant que, heure après heure, ne serait plus jamais et sentant que ne reviendrait plus, découvrant que et apprenant là qu’était perdu pour toujours… …dans toutes les sensations conservées ou ressaisies, expulsant celui qui les a vécu, le rendent si présent, de nouveau si près de, qu’il semble encore saisir la totalité de ce qui l’a environné… …dégageant si peu de vérité, ne pouvant jamais extraire ce qui est si particulier, dans la spontanéité de, dans les inflexions et les brusques révélations de, comme creusées en, selon… …de tout ce que l’on doit percevoir, dans les bruits, dans la...

N° 257 (février 2019), Chromo

N° 257 (février 2019), Chromo

Longue plaine sablonneuse et ondulations dans lointain transparent, vaporeux et bleuâtre. Ciel couleur des fenêtres et nuages blancs en défaut du verre. Expositions d’heures différentes sur angles du mur à côté de reflets. Ombre sur moitié d’étendue délimitant ligne mince et mobile. Espace vide réservé autour de surface translucide abrégée. Émanation de chaleur impalpable et blanche comme voile. Inégalités âpres, jaunes et comme boueuses de surfaces. Rayon du soir simple et superficiel comme tremblant. Bande de ciel rouge au-dessus de comme gelé. Prisme où se décompose lumière du dehors. Loques roses et bleues sur eaux encombrées. Surface chaotique et retentissante de crêtes. Pan de soleil plié à l’angle du mur extérieur. Espaces de couleurs nettement tranchées. Bordure rocheuse de triangles empennés. Figure raide, géométrique et passagère. Centre de gravité à mi-hauteur du ciel. Émail blanc, inaltérable et crémeux. Angle ensoleillé de bâtiment isolé. Couleur immuable comme signe....

N° 256 (janvier 2019), Proposition indéfinie

N° 256 (janvier 2019), Proposition indéfinie

Au fil des heures, dans le temps qui s’écoule lisse, isomorphe, sans bouleversement, sans événement ou presque, dans l’espace familier, anodin, comme n’arrivent que quelques images confusément entrevues, dans le regard insistant sur l’immobilité des choses autour, dans l’immobilité égale de la pensée, où rien n’émerge véritablement, sinon quelques bribes sans réelle consistance, sinon la mémoire de, les traces sur les murs considérées longuement sans que cela ne produise d’effets, dans la pensée de l’existence, la pensée que j’avais, la notion que je cherche, dans l’évidence de l’impossibilité de la pensée au moment même où affleure qu’elle n’est discernable, qu’elle restera voix lointaine, amenant sans cesse le même état, la même stase, dans les bruits environnants et le vide devant, avec l’image indéfinie et plus qu’un vague souvenir visuel, presque sans forme et sans saveur, devenant de plus en plus une simple surface sans qualité ni profondeur, amenant par attraction d’autres...

N° 255 (décembre 2018), Puis rien

N° 255 (décembre 2018), Puis rien

La pendule de bronze sur le dessus de la cheminée, fleur rouge sur le bord de nappe d’un blanc bleuté, reflets des figures dans la porte vitrée, moulures rose doré des boiseries de la porte, reflets très légers sur parquet ciré sombre, brume nappant le vert des collines alentour, sinon bleu et rose pâle, les trois fleurs à l’avant, sinon l’entrebâillement d’une porte et les herbes hautes, le jour dans un miroir, les cyprès et terre rouge, les vitraux blancs d’église, reflets des maisons dans l’eau morte, pièce sans meuble et neige et quelques lignes d’arbres dénudés… Reprise : le bord de la main contre le visage en le dissimulant, les bras contre le corps dans la lecture assise, les doigts rentrés à l’exception du pouce dans l’échancrure du manteau, l’index légèrement plié sur la poignée de porte, la main gauche derrière la taille et vient toucher le creux du coude du bras droit, le revers de la main appuyée dans le bas du dos, l’index levé contre lèvres qui intime au silence, les...

N° 254 (novembre 2018), Théorie du monde

N° 254 (novembre 2018), Théorie du monde

Je suis moi-même dans le couloir. J’hume le parfum de la maison. Je jette un regard dans l’escalier. Je surveille son ombre. Je la regarde quand elle passe et me dit quelque chose. J’effleure sa robe d’été. J’entends quelque chose. J’entends l’écho. J’entends le bruit oublié de la rivière qui m’absorbe. Je me dirige vers elle. Je m’éloigne à peine. Je me tiens dans la futaie. Je respire encore une fois le parfum de cette fleur et les odeurs des fougères. Je suis si loin d’elle. Je ne sais rien sinon que je suis et que j’étais couché sur l’herbe de la rive. J’imagine que c’est la nuit. J’entre dans la rivière. Je remonte la rivière à contre-courant. J’oublie qu’elle se souvient. Je continue de me souvenir. Je suis tenté d’appeler son nom. Je reprends sans cesse la même pensée. Je ne reviens plus jamais dessus. Je commence à voir ce que je vois. Je prends conscience de moi. Je me laisse de moi-même tomber. Je manque les choses et les prends à partie. Je me défais de moi-même. Je...

N° 253 (octobre 2018), Il énumère

N° 253 (octobre 2018), Il énumère

Il commence par une lettre familière. Elle n’est pas restée là où elle était. Il veut lui faire croire qu’elle existe. Elle contient ce qui reste quand tout a été détruit. Il s’arrête en plein milieu d’une phrase. Elle entame sa chute. Il est sans rancœur et sans ressentiment. Elle s’allonge et se dissimule. Il donne le sens. Elle devient telle qu’elle est. Il n’a de cesse de faire ce qui doit l’être. Elle n’a rien à répondre. Il s’absorbe dans sa propre qualité. Elle n’est plus à l’instant la même que celle d’autrefois. Il ne se souvient plus d’elle. Elle rassemble ses cheveux en arrière. Il s’épuise phrase après phrase. Elle se trouve là à présent. Il traverse pour aller vers le côté ombragé de la place. Elle dénoue sa ceinture et s’allonge. Il balaie tous les verres d’un revers de la main. Elle entend tout ce qui lui échappait. Il se laisse tomber vers l’herbe. Elle ouvre son peignoir. Il met ses mains derrière sa tête et inspire profondément. Elle commence à voir. Il réitère...

N° 252 (septembre 2018), Les choses

N° 252 (septembre 2018), Les choses

Que je tiens dans mes mains, ne manque, tel qu’est et reste, une fois encore, et est tellement réel comme tout existe et continue : moi qui suis, le bruissement, mes deux mains, la mer, fleurs de pommiers, leurs branches, le jour qui se lève, ce qui est et n’est pas, est sur le point d’arriver, naît, dans un temps très court, en d’innombrables choses. Et mon corps qui n’est que lui-même, est sans cesse accompli par lui-même, dans le fragile exposé au soleil, dans le monde temporaire, un instant rappelé par des bribes de souvenirs où finis, me retrouve sans réponse, cesse de porter le nom des choses, en retenant mon souffle jusqu’à ce qu’il ne reste rien d’autre que, qu’aucune chose ne ressemble à une autre, dans les sentiers, les fourrés, le feuillage, l’achèvement comme ce dont il s’agit est quasiment tout ce que je vois : le sorbier, la chaise sur la terrasse, le cygne, l’orage, le ciel se faisant et se défaisant, s’étirant, s’étendant, irrévocablement vrai, parfait souvenir d’une...

N° 251 (août 2018), Traces

N° 251 (août 2018), Traces

Marche, regarde, pense, pense à une chose puis à une autre. Regarde le décor, les objets, les tonalités, valeurs, formes, matières. Tout est clair. Il n’y a que des images, images mouvantes, hétérogènes, qui défilent, capables de toutes les analogies, de toutes les métamorphoses, se modifiant lentement, en permanence, qui sont, s’effacent en un instant, s’effacent dès que, ne laissent pas grand-chose, ne sont plus, n’auront été qu’une parenthèse, moment de suspension, aspiration. Répète. Répète pour penser à autre chose. Regarde tout. Ne fixe rien de précis. Change les perspectives, le point de vue – chacun son propre angle, son cadrage. Prétends que. Affecte, dans sa possible répétition ailleurs, à un autre moment, devant cette, devant le soulèvement, le saisissement provoqué par l’incohérence des sensations, ne faisant plus qu’effleurer, essayant de passer outre, de faire comme si certaines situations évoquaient des images, se constituaient en images ou en réminiscences d’images....

N° 250 (juillet 2018), Grésillements, cris, air

N° 250 (juillet 2018), Grésillements, cris, air

Tonalités, valeurs, composition sont là, demeurent, perturbent, n’est que nuage, série de bruissements multiples superposés, sans relation les uns avec les autres, à mettre en relation, que n’arrive plus à, qui n’apparaissent plus que comme vibration, que tente de, mais qui se dérobent, dissimulent, s’estompent, qu’il faut se concentrer, filtrer les fréquences, isoler chaque bourdonnement, ré-établir des connexions, re-linéariser les articles avec les mots, les pronoms avec les verbes, relier les lettres, dans la reprise, le ralentissement progressif, que sélectionne, reprends encore, cesse de, cesse de, n’est plus qu’un défilement auquel adhère, m’identifie, suis le, suis ce, cela, dans tous les détails des lettres et des mots, jusqu’à ce que plus rien ne bouge, ne s’agite, que ne demeurent que formes floues, lignes sans sujet, texte devenu image, bruissements harmonisés, dans la perfection géométrique des lignes, la netteté absolue de la surface où tout est dans la perfection de...

N° 249 (juin 2018), Cela

N° 249 (juin 2018), Cela

Cela : la porte, son encadrement, la découpe, la forme, son dessin, la lumière, les choses tout autour… se superposent, se recouvrent, soulignent, s’embrouillent, se dissimulent. Je projette sur les rails, les immeubles, les taillis, les herbes folles, les zones. Je projette, ici, une géométrie, les lignes droites, les courbes, lacets, circonvolutions. Je simule. Je m’exerce. Je exerce ici. Je, irrationnel, déconstruit. Je, les décompose. Toutes les formes perdent leur simplicité. Je défait les matières, les surfaces, les couleurs. Je est concaténation : polygones, cubes, sphères, cônes enlacés. Je devient, apparait, reprend et ré-agence toutes les structures sous-jacentes. Je est le schéma complexe qui approche, recompose et réintègre surfaces, textures, lumières et ombres pour revoir, enfin, l’écorce, la rugosité, les anfractuosités, les collines boisées, les remous sur les pierres plates. Je changera. Un nuage s’écartera. Je regarderait, comprendrait, les différences entre les...

N° 248 (mai 2018), Ne repense

N° 248 (mai 2018), Ne repense

Sur l’herbe recouverte de givre, est comme une sidération, presque comme, comme la différence importe, est comme le givre, le sol givré, les nappes non loin, ou nappes de brouillard s’élevant du, le soleil se lève, que me regarde, sais qu’idée d’un monde n’est pas, n’est comme se levait le jour d’avant, encore avant, recommençant, serait semblable à celui qui était, dans le bosquet non loin, dans la mousse s’accumulant comme au début du tronc, dans le lichen sur, dans la branche cassée au sol, comme le cœur, l’écorce autour, le lichen sur, toutes surfaces superposées, disponibles, en cette branche cassée, en cette chose qui passe, d’abord, que regarde machinal, va se désagréger lentement jusqu’à n’être plus, comme cela, sans, mais qui est là, devant, juste parce que passe, attire le regard en, sans rien faire d’autre, tout autour, tout cela, du peu, pas grand-chose, presque rien, que sa position offre, devant ces choses qui, ou presque, et se précipitent vers, se répètent, partout,...

N° 247 (avril 2018), Entends

N° 247 (avril 2018), Entends

Entends. Fais ce que. Reste sans bouger. Fais ce que en retenant ton souffle et, t’étant reconnu, reste qui tu es. Reste dans. Reconnais toi et reste avec toi-même jusqu’à ce que rien ne demeure des choses niées par toi, qui ne sont cependant pas – ne sont pas. N’abandonne pas si vite. Ne le fais pas. Refuse d’imaginer. Ne disparais pas. Reste ici, immobile. Translate-toi. Soustrais-toi au mouvement – quoiqu’à peine. Soustrais-toi à la lumière se dissipant déjà – s’agit-il de cela. Soustrais-toi à rien. N’effectue pas ce qui s’efface. Soustrais-toi à cela, à la chose même. Retiens-toi. Rappelle-toi. Rappelle-toi. Respire. Bafouille. Surgis puis efface-toi. Prends congé comme il se doit. Laisse tout derrière toi. Disparais de tout souvenir. Deviens fumée. Supprime les lignes, les mots mutilés. Convoite la vue même qui t’est offerte. Ne parais plus. N’objecte rien contre. Referme-toi dans la marge, dans sa fluctuation, telle que se reflète en elle-même, se perd en elle-même, n’est...

N° 246 (mars 2018), Résonance de

N° 246 (mars 2018), Résonance de

Courbes, courbures, traces d’usure, près de, contre le blanc, venant et se montrant tel qu’est, qu’existe, ne cesse de, sortant de, refluant, se fixant, se vidant, s’exprimant dans ses variantes, se repliant en lui-même, en son maintenant, pour lui-même, s’ouvrant, continue, veut advenir dans l’immobilité des choses, est ici, ne cesse jamais de, ne fait, si même ne veut, tandis qu’est souvenir de toutes choses qui peuvent être, qui seront, d’une chose qui a été là un jour, avait été, est, ressurgit à la lumière, existe encore, se rappelle de plus en plus, n’a jamais vraiment existé, n’est pas un souvenir, perception, se trouve précisément là quand il n’y a rien, est chose niant le mouvement, n’est jamais autre chose, est, occupe les pensées encore et encore, de façon de plus en plus pénétrante, occupe chaque idée, chaque phrase, se conforme localement à, dans un geste fluide, sans que rien n’arrive, dans le calme, l’absence, une fois que s’est déplacée, que la phrase s’est trouvée,...

N° 245 (février 2018), Dérive de

N° 245 (février 2018), Dérive de

La table, la fenêtre, le vase, une photo, la rive, un miroir, une chose, que rien ne se passe, que cela arrive, s’oublie et se mêle à l’écho, de plus en plus, grandissant, jusqu’à ce que tout ait disparu et se jette, se rejette, alors que passe, avant de se séparer pour évider tout ce temps, le lointain, pour que garde au moins, avant que ne sois, que ne m’efface aussi vite que, juste avant de, une fois que, avant d’être absorbé, dans le temps lui-même, devenant ainsi, lentement, presque imperceptiblement, à travers lui-même, tourbillonnement, fumées, idées s’enracinant – idées quelles qu’elles soient –, avant de me rappeler, comme pas même, que ne reste presque rien de ce qui se fracture, que me représente en un nombre infini de polygones, que n’est plus moi, n’a plus besoin, même si c’était moi, d’être moi, en persévérant dans le mouvement, en collant au mouvement, en faisant que chaque moment soit à jamais figé sur, par un fourmillement de la pensée pour parvenir à en garder la...

N° 244 (janvier 2018), Pour que ne finisse

N° 244 (janvier 2018), Pour que ne finisse

Et, finalement, au son de la fin, est déjà fini, ne reste plus qu’à finir en ce jour qui ment jusqu’au dernier soupir, a déjà expiré et était ensuite un temps qui finit aussi, disant ces années sont pour toujours et celles passées avant jamais plus, même s’il avait été, si encore, comme temps passe et ravage, sans fin, si nous nous sommes encore avant ou après ou pendant, à peine un peu, le temps à peine, dans la vie à vivre qui, ensuite, s’abrège,  d’une vie dont ne reste que et ce qui reste et souvent n’est pas vrai mais est mieux que rien et si, peut mentir, dépose pour que demeure là où sera tant que cela continuera. Et toi, toi qui m’écoutes, tu seras la partie que tu auras faite, après que la fin, seulement, ait donné un sens au parcours, est ce qui a été fait, qui devrait être fait, est cette interruption, quand on ne peut pas rester et passe, passe encore un jour, et un autre qui passe comme s’il restait et est cet oubli, comme si s’en aller n’était que ceci, comme si le dire...

N° 243 (décembre 2017), Grâce à la conjonction

N° 243 (décembre 2017), Grâce à la conjonction

Su reconnaitre, donner un nom, échappe assez pour, ne regarde jamais, que regarde plus pour, que n’intéresse non plus, que seuls quelques retiennent, pense, connais d’autres, serais incapable de, ne parle pas de, ne parle pas des noms, ni des choses, des noms trop nombreux pour désigner, que sont tout aussi nombreux et échappent à la nomination, que ne connais, ne cherche, ne trouve, sais que, mais ne recouvre aucune réalité sinon que regarde, regarde même, ne sais ce que, ne sais, sans pouvoir dire ce que, sans pouvoir dire, sinon que, sinon que regarde sans raison, suis, ne pense, suis ce problème, regarde ce, fixe, s’étonne des formes, apparaissent grâce à la conjonction comme évènement, surgissement, que regarde, considère sans, quelque chose se produit comme, pense que c’est cela que, qu’on ne peut pas le dire autrement, qu’on ne peut dire autre chose pour l’évoquer, que l’on peut dire n’est pas, serait plutôt, parce que, que l’on regarde enfin, que ce qui est regardé est, finit...

N° 242 (novembre 2017), Pâle

N° 242 (novembre 2017), Pâle

Un parc, des arbres, quelques parsèment, à l’étang, dans sa coupe propose, pense la répartition, équilibre de peu sur l’horizon, le plan, au ciel de bleu léger que modulent nuages en presque indistincts dans les strates moutonnement ou en quasi fumées vers l’horizon, le bas, au bosquet le plus dense et son arche que forme dans le sombre étalé minéral, quasi creux d’Étretat, à l’enroulement des cimes repris, écho multiple, aux groupes d’arbres comme figures en pleine discussion, aux reflets à peine à la surface de l’eau que rien ne vient rider, surface miroir presque contre l’agitation vibrante de toutes celles du monde, à devant le plan d’eau, une statue, figure indistincte seule et, juste à ses pieds, deux figures assises avec peut-être un chien, évoquent homme et une femme, quand, sur l’autre rive, trois figures se tiennent, femme assise dans l’herbe, homme qui se penche vers elle, dans le geste d’offrande ou bien la monstration du fruit de sa cueillette, des fleurs accumulées dans...

N° 241 (octobre 2017), Noir

N° 241 (octobre 2017), Noir

De la découpe sur noir du profil passe au lignes parallèles, réseaux stricts colorés des plis et ligatures, aux très légères torsions que contaminent un peu tous les motifs floraux, éclats multiples autour irisant la surface où se trouvent, camouflés, deux/trois lépidoptères. Un mur violacé, une jeune femme et son ombre portée, peau très blanche, yeux gris en amandes, bouche fermée aux lèvres rose léger et le reste forme noire, broderie, bords et perles, boucle noire, ruban noir, demi-cercles ajourés, lignes, triangle et tubes tout contre la transparence infime d’un voile – gaze léger ondulant – et l’épingle dorée maintenant dans le noir, si ténue que soutient le liseré blanc sur noir ou que passe, alternatif, du virtuel au réel ou de l’épingle à l’œil qui, dans sa légère oblique, fixe-attire, ne fait que. Ou se tient, teint ivoire, donne la tonalité d’autres – robe, cheveux, buissons, arbres… –, absente à tous, à nous, maintenue dans le noir de buissons, épineux prolifère, trou noir...